Appel pour une révision du droit pénal sexuel

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La loi actuelle est un reliquat d’un temps que l’on veut révolu. Contourner la volonté de la victime doit être reconnu comme violence sexuelle,
même s’il n’y a pas contrainte.


Lisa Mazzone, conseillère aux Etats/ Les VERTS

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Pour une loi qui protège toutes les victimes de viol 


Camille Maulini, avocate et membre du comité/ Association des Juristes Progressistes AJP

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Aujourd'hui, pour être reconnue comme victime d'un viol une femme doit prouver qu'elle a subi une contrainte. C'est inacceptable !


Isabelle Moret, Présidente du Conseil national/ PLR

L'autodétermination sexuelle est un droit humain fondamental: chaque rapport sexuel requiert le consentement de toutes les personnes impliquées! La loi doit enfin mieux protéger l’autodétermination sexuelle!
 

Nous demandons une révision du code pénal suisse, afin que tous les actes sexuels non consentis puissent être punis de manière adéquate. Les infractions prévues à l'article 189 (contrainte sexuelle) et 190 (viol) doivent être complétées en conséquence. L’inclusion de tous les actes sexuels non consentis sous l’article 198 (désagréments causés par la confrontation à un acte d’ordre sexuel) n’est pas appropriée.

Le droit pénal actuel est dépassé: il ne reconnaît un acte sexuel contre la volonté de la personne concernée comme une grave injustice que si la victime y a été contrainte – par exemple par la violence ou la menace. Il est donc indirectement demandé à la victime de se défendre et de s’exposer ainsi à d'autres blessures. Un "non" ne suffit pas, et des atteintes massives à l'autodétermination sexuelle restent donc régulièrement impunies en Suisse.


Cette législation n’est pas compatible avec les dispositions relatives aux droits humains que la Suisse a adoptées en 2018 lorsqu'elle a ratifié la Convention d’Istanbul et doit être révisée de toute urgence.
 

La révision demandée ne conduit pas à un renversement du fardeau de la preuve. La présomption d'innocence n'est pas affectée. Il incombe toujours à l'accusation de prouver que la personne accusée a agi sans le consentement de la victime.
 

La loi doit enfin établir que l'injustice fondamentale lors d’une agression sexuelle n'est pas la coercition ou la violence, mais le mépris de l'autodétermination sexuelle. Cela enverrait non seulement un signal important aux victimes d’agressions sexuelles, mais aussi aux auteur·e·s potentiel·le·s: la violence sexuelle n'est pas tolérée en Suisse!

Initiatrices

Agota Lavoyer, conseillère aux victimes et directrice adjointe/ Lantana

Alexandra Karle, directrice/ Amnesty International Suisse

Kathrin Bertschy, conseillère nationale/ pvl et co-présidente/ alliance f

Lisa Mazzone, conseillère aux Etats/ Les VERTS

Nora Scheidegger, Senior Researcher/ Max-Planck-Institut für ausländisches und internationales Strafrecht

Tamara Funicello, conseillère nationale/PS et co-présidente/ Femmes* socialistes suisses


Académiques et scientifiques

Andrea Bieler, professeure de théologie pratique/ Université de Bâle

Angelo Gervasi, économiste et enseignant/ Gymnase de la Cité Lausanne

Anna Coninx, adjointe-professeure de droit pénal et de procédure pénale/ Université de Lucerne

Anne-Claude Juillerat Van der Linden, chargée de cours en faculté de psychologie / Université de Genève

Bertrand Perrin, professeur ordinaire de droit pénal et procédure pénale/ Université de Fribourg

Christa Binswanger, Prof. Dr., responsable Gender & Diversity, School of Humanities and Social Science (SHSS) / Université de St-Gall

Christopher Geth, juge/ Tribunal pénal de Saint-Gall et adjoint-professeur de droit pénal / Université de Berne

Elisabeth Joris, historienne

Fabienne Amlinger, historienne et chercheuse en études genre/ Université de Berne

Francesca Falk, historienne et enseignante en histoire de la migration/ Université de Berne

Franziska Schutzbach, sociologue et chercheuse en études genre/ Université de Bâle

Géraldine Bugnon, sociologue/ Haute école de travail social à Genève 

Ineke Regina Pruin, adjointe-professeure de droit pénal/ Université de Berne

Jan Wenk, juriste et doctorant/ Université de Berne

Martino Mona, professeur ordinaire de droit pénal et philosophie de droit/ Université de Berne

Patricia Purtschert, professeure en études genre/ Université de Berne

Regula Stämpfli, enseignante en sciences politiques et autrice

Solène Gouilhers, sociologue/ Université de Genève et Haute Ecole de Santé Vaud

Stefanie Kurt, professeur·e HES assistante/ HES-SO Valais-Wallis

Tina Büchler, chercheuse en études genre/ Université de Berne


Parlementaires

Cédric Wermuth, conseiller national/ PS

Céline Amaudruz, conseillère nationale et vice-présidente/ UDC

Céline Vara, conseillère aux Etats/ Les VERTS et avocate

Charles Juillard, conseiller aux Etats/ PDC

Christian Dandres, conseiller national/ PS et avocat

Damien Cottier, conseiller national/ PLR

Delphine Klopfenstein Broggini, conseillère nationale/ Les VERTS

Fabian Molina, conseiller national/ PS

Fabien Fivaz, conseiller national/ Les VERTS

Flavia Wasserfallen, conseillère nationale/ PS

Florence Brenzikofer, conseillère nationale/ Les VERTS

Franziska Ryser, conseillère nationale/ Les VERTS

Greta Gysin, conseillère nationale/ Les VERTS

Isabelle Moret, présidente du Conseil national/ PLR

Isabelle Pasquier-Eichenberger, conseillère nationale/ Les VERTS

Jacqueline de Quattro, conseillère nationale/ PLR

Laurence Fehlmann-Rielle, conseillère nationale et présidente de la Commission des affaires juridiques/ PS

Léonore Porchet, conseillère nationale/ Les VERTS

Manuela Weichelt-Picard, conseillère nationale/ Les VERTS

Marina Carobbio Guscetti, conseillère aux Etats/ PS

Mathias Reynard, conseiller national/ PS

Mattea Meyer, conseillère nationale/ PS

Maya Graf, conseillère aux Etats/ Les VERTS et co-présidente/ alliance f

Nicolas Walder, conseiller national/ Les VERTS

Regula Rytz, conseillère nationale et présidente/ Les VERTS

Samira Marti, conseillère nationale/ PS

Sandra Locher Benguerel, conseillère nationale/ PS

Sibel Arslan, conseillère nationale/ Les VERTS

Simone de Montmollin, conseillère nationale/ PLR

Stéfanie Prezioso, conseillère nationale/ Ensemble à Gauche

Yvonne Feri, conseillère nationale/ PS et présidente/ Protection de l’enfance Suisse


Politiques

Adrienne Sordet, députée au Grand conseil de Genève/ Les VERTS

Alfonso Gomez, conseiller administratif de la Ville de Genève/ Les VERTS

Ana Fontes Martins, co-présidente/ Jeunes Vert'libéraux

Andrea Scheck, présidente/ femmes* socialistes Saint-Gall

Anne Mahrer, ancienne conseillère nationale/ Les VERTS

Ariane Arlotti, ex-conseillère municipale de la Ville de Genève/ Parti du travail

Bertrand Buchs, député au Grand Conseil de Genève/ PDC

Boris Calame, député au Grand Conseil de Genève/ Les VERTS

Caroline Marti, députée au Grand conseil de Genève/ PS

Christelle Luisier Brodard, conseillère d’Etat de Vaud/ PLR

Christina Kitsos, conseillère administrative de la Ville de Genève/ PS

Delphine Bachmann, députée au Grand conseil et présidente du PDC de Genève/ PDC

Denis Sorie, membre du comité/ Jeunes Libéraux-Radicaux Bâle-ville

Diego Alan Esteban, premier Vice-Président du Grand Conseil de Genève/ PS

Dilara Bayrak, députée au Grand Conseil de Genève/ Les VERTS

Francine Jeanprêtre, ancienne conseillère nationale et conseillère d'Etat de Vaud/ PS

Françoise Nyffeler, députée suppléante au Grand Conseil de Genève/ Ensemble à Gauche

Frédérique Perler, conseillère administrative de la Ville de Genève/ Les VERTS

Jean Batou, historien et député au Grand Conseil de Genève/ Ensemble à Gauche

Jean-Marc Guinchard, député au Grand Conseil de Genève/ PDC

Jocelyne Haller, députée au Grand Conseil de Genève/ Ensemble à Gauche

Julia Küng, co-présidente/ Jeunes Vert-e-s Suisse

Laura Ferilli, présidente du Conseil communal de Blonay/ PS

Liliane Maury Pasquier, ancienne présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe/ PS

Lisa Raval, conseillère de Ville à Porrentruy et présidente des Femmes socialistes jurassiennes/ PS

Maria Bernasconi, ancienne conseillère nationale/ PS

Maria Lou Pérez, ex-conseillère municipale en Ville de Genève/ Ensemble à Gauche

Marie-Pierre Theubet, ex-conseillère municipale en Ville de Genève/ Les VERTS

Martine Docourt, co-présidente des Femmes* socialistes suisses

Matteo Quadranti, député au Grand Conseil du Tessin/ PLR

Meret Schindler, députée au Grand Conseil de Berne/ PS

Murielle Macchi-Berdat, conseillère communale à Delémont et députée au Parlement jurassien/ PS

Natalia Ferrara, députée au Grand Conseil du Tessin/ PLR et ex. procureure générale

Nathalie Fontanet, conseillère d’Etat de Genève/ PLR

Nicolas Clémence, conseiller municipal Ville de Lancy et député suppléant au Grand Conseil de Genève/ PS

Nicole Valiquer Grecuccio, députée au Grand Conseil de Genève/ PS

Pierre Bayenet Rechtsanwalt, avocat et député-suppléant au Grand Conseil de Genève/ Ensemble à Gauche

Pierre-Yves Bosshard, avocat et conseiller municipal Ville de Genève/ PS

Ronja Jansen, présidente / Jeunesse socialiste Suisse

Roxane Aubry, conseillère municipale Ville de Genève / PS

Sandrine Salerno, ancienne maire de Genève/ PS

Samuel Kullmann, député au Grand Conseil de Berne/ EDU et politologue

Sonja Bietenhard, ex conseillère municipale Berne/ PDB

Sylvain Thévoz, député au Grand Conseil de Genève et co-président du parti socialiste Ville de Genève/ PS


Du milieu culturel et des médias

Alice Schmid, réalisatrice et autrice

Andrea Fischer Schulthess, journaliste et directrice artistique/ Millers

Anna Rosenwasser, journaliste et co-directrice/ LOS Organisation suisse des lesbiennes

Anne-Claire Adet, réalisatrice

Anneli Binder, membre de la direction et directrice artistique/ Dampfzentrale Bern

Annina Frey, présentatrice, DJ et productrice

Antoine Maulini, comédien, ancien conseiller Municipal et député Genève/Les VERTS

Antonia Meile, réalisatrice

Barbara Miller. juriste et réalisatrice

Corin Cruschellas, musicienne

Daniel Rossellat, président du Paléo Festival et syndic de Nyon/ PS

Dayles Ford, musicienne

Dominique Rovini, directrice du Festival Les Créatives

Florin Grüter, musicien

Frank Lorenz, théologue et responsable "Offene Kirche Elisabethen"

Frédéric Choffat, réalisateur

Greis, rappeur

Jacqueline Zünd, autrice et réalisatrice

Jessy Howe, musicienne

Karen Fleischmann, actrice et influenceuse

Knackeboul, musicien

Lo & Leduc, musiciens

Michael von der Heide, musicien

Michèle Krüsi, blogueuse et influenceuse

Monika Hungerbühler, théologienne et responsable "Offene Kirche Elisabethen"

Morena Diaz, blogueuse et enseignante

Ruth Schwegler, actrice et réalisatrice

Sibylle Aeberli, musicienne et actrice

Sibylle Berg, écrivaine

Sonia Grimm, auteure, compositrice et interprète

Susanna Schwager, écrivaine

Susanne Kunz, présentatrice et actrice

Tamy Glauser, mannequin

Tommy Vercetti, rappeur

Wanda Wyola, actrice


Du milieu juridique

Agnès von Beust, avocate

Amel Merabet, avocate

Andrea Gisler, avocate et membre du Grand Conseil de Zurich/ pvl

Anna Mäder-Garamvölgyi, avocate

Béatrice Müller, avocate

Bibiane Egg, avocate et co-présidente/ Frauenberatung sexuelle Gewalt

Brigit Rösli, avocate

Camille La Spada Odier, avocate

Camille Maulini, avocate et membre du comité/ Association des Juristes Progressistes AJP

Camille Selleger, juriste

Christine Krebs-Eberhart, avocate

Clara Schneuwly, avocate et co-présidente/ Association des Juristes Progressistes AJP

Hina Sharma, juriste

Jacopo Ograbek, avocat

Kathrin Kummer Hofer. avocate

Kaya Pawlowska , juriste féministe

Laura Rossi, avocate

Lorella Bertani, avocate

Marcel Bosonnet, avocat

Martine Lang, avocate, ancien Bâtonnier du Jura

Orlane Varesano, avocate

Patricia Schulz, avocate, ex-directrice du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes, Senior Research Associate/ UNRISD

Sabine Schmutz, avocate

Susanne Bertschi, avocate

Susanne Meier, avocate

Yasmin Gubser Kuster, avocate


De l’aide aux victimes et autres domaines

Alain Bolle, directeur/ Centre social protestant Genève

Alix Heiniger, historienne et membre du comité / Viol-Secours

André Beariswyl-Gruber, chef centre de consultation In Via/ Kinderschutzzenttrum St.Gallen

Anna Tanner, conseillère spécialisée dans l’aide aux victimes et membre du Conseil de ville de Bienne/ PS

Barbara Sax, assistante sociale dans un centre de consultation

Christian Brunier, directeur général d’une entreprise publique

Cindy Kronenberg, survivante, présidente vergewaltigt.ch et animatrice socio-culturelle

Dimitrina Miteva, médecin psychiatre et psychothérapeute

Felicia Drack, médecin-cheffe/ Kinderspital Zürich

Gabriela Allemann, présidente Femmes protestantes en Suisse / FPS

Gabriela Rey, assistante sociale et thérapeute                                                     

Ilka Mathis, assistante sociale dans un centre de consultation

Isabel Staub, assistante sociale dans un centre de consultation

Jannine Manser, assistante sociale dans un centre de consultation

Jan Gysi, médecin spécialiste en psychiatrie et médecine psychothérapeutique

Jeannine Bandi, psychothérapeute

Jolanda Spiess-Hegglin, directrice/ #NetzCourage

Julia Hürzeler, conseillère spécialisée dans l’aide aux victimes

Juliane Gürr, assistante sociale dans un centre de consultation

Karine Humbert-Droz, eutoniste diplômée et physiothérapeute

Katia Mosca Piegay, fonctionnaire de l'Etat de Genève

Katia Siciliano, câlinothérapeute

Lea Stalder, directrice/ Kinderschutzzentrum St. Gallen

Madeleine Pfander-Loder, cheffe des centres de consultations LANTANA et VISTA, Stiftung gegen Gewalt an Frauen und Kindern

Malina Balmer, assistante sociale dans un centre de consultation

Marco Cameroni, ancien consul général

Marianne Ebel, vice-présidente/ Marche Mondiale des Femmes

Marie-Rose Genet, thérapeute et accompagnante spirituelle

Marija Possa, assistante sociale dans un centre de consultation

Marlies Haller, directrice/ Stiftung gegen Gewalt an Frauen und Kindern

Nicole Wyss, travailleuse sociale

Pia Altorfer, Directrice/ Stiftung Opferhilfe Bern und Biel

Romy Fischer, Traumatologue

Romy Siegrist, psychologue et sexologue

Sabine Schnell, membre du comité/ Frauenplatz Biel

Salome Zimmermann, avocate et co-présidente/ LOS Organisation suisse des lesbiennes

Sebastian Züst, travailleur social et conseiller municipal

Sonja Fontana, médecin-cheffe/ Kinderspital Zürich

Stéphane Terrier, psychiatre psychothérapeute

Stephanie Fraefel, assistante sociale dans un centre de consultation

Steve Alban Tineo, expert en gestion de crise, négociations complexes et situations spéciales

Susanne Nielen Gangwisch, assistante sociale dans un centre de consultation

Tatjana Wasieloski, thérapeute craniosacrale et pharmacienne

Theres Engeler-Bisig, présidente/ Kinderrechte Ostschweiz

Organisations nationales

alliance f

Amnesty International Suisse

APSCV Association professionnelle Suisse de consultations contre la violence

Association suisse pour les droits des femmes -ADF Suisse

cfd - l'ONG féministe pour la paix

Communauté d’intérêts Théologiennes Féministes de Suisse allémanique et du Liechtenstein

Coordination post Beijing pour les ONG Suisses

DAO - Fédération Solidarité femmes de Suisse et du Liechtenstein

Femmes de Paix Autour du Monde

Femmes* pour la Paix

Femmes* Socialistes Suisses

FemWiss

FPS - Femmes protestantes en Suisse

Humanrights.ch

InterAction Suisse - Association suisse pour les intersexes

INSOS Suisse

Jeunesse socialiste suisse

Jeunes Vert-e-s Suisse

Jeunes Vert'libéraux Suisse

Les VERTS suisses

LSFC - Ligue suisse des femmes catholiques

LOS - Organisation suisse des Lesbiennes

männer.ch

Marche Mondiale des Femmes - MMF Suisse

Operation Libero

Réseau femmes* Vertes/ VERTS suisses

SANTÉ SEXUELLE SUISSE

TERRE DES FEMMES Suisse

Transgender Network Switzerland

Unia

Union suisse des paysannes et des femmes rurales

VAHS - Union suisse pour la pédagogie curative et la sociothérapie anthroposophiques

vergewaltigt.ch

Women’s Hope International

#NetzCourage


Organisations régionales et locales

Association des juristes progressistes (AJP) de Genève

Associazione Armònia

Business Professional Women Ticino

CCHS - Comité contre le harcèlement sexuel (GE)

Centre d’accueil MalleyPrairie

Centre genevois de consultations pour victimes d’infractions pénales (LAVI)

Collectif Femmes* Valais

Collectif Grève Féministe Fribourg

Collectif neuchâtelois pour la grève féministe

Collettivo Io lotto ogni giorno

Coordinamento donne della sinistra

Fachstelle Frauenberatung sexuelle Gewalt

FAFTPlus Federazione delle Associazioni Femminili in Ticino

Femmes socialistes jurassiennes

Feministisches Streikkollektiv Winterthur

Feministisches Streikkollektiv Zürich

fem*so - Frauenstreiksolothurn

F-Information (GE)

frabina, Beratungsstelle für binationale Paare und Familien

Frauenhaus Winterthur

Frauenzentrale Zürich

Frauen*streik Komitee Luzern

Frauen*streik-Koordination Bern

Frauen*streik St.Gallen

frbb – frauenrechte beider basel

Geneva Pride

Groupe égalité entre femmes et hommes - PS GE

Groupe sida Genève

Imbarco Immediato

Interessengemeinschaft Feministische Theologinnen Deutschschweiz und Liechtenstein

Kinderschutzzentrum St.Gallen

LIMITA Verein zur Prävention sexueller Ausbeutung

mannebüro züri

Opferhilfe beider Basel

Santé bernoise

Solidarité Femmes Bienne et Région

Solidarité Femmes Fribourg – Centre LAVI

SOS Femmes (GE)

Stiftung gegen Gewalt an Frauen und Kindern

Stiftung Opferhilfe Bern

Verein BIF – Für Frauen gegen Gewalt

Verein Frauen-Nottelefon Winterthur

Verein kokon, Krisenintervention und Opferhilfe für Kinder und Jugendliche in Not

Viol Secours

Voie F - espace de formation pour les femmes (GE)

Women's March Zürich

Intéressé·e?


Vous avez une question à propos de cet appel? Vous aimeriez le signer en tant qu'organisation ou en tant que personnalité des milieux juridique, politique, scientifique, thérapeutique ou culturel? Nous vous renseignons volontiers!

Actualités

Processus politique
 

Révision du droit pénal sexuel en Suisse : pour protéger l'autodétermination sexuelle

Amnesty International appelle le Parlement et les autorités à moderniser le droit pénal en matière sexuelle qui est dépassé, et à soutenir sans réserve la protection des victimes de violences sexuelles. Dans sa réponse à la consultation sur la réforme du droit pénal en matière sexuelle, l'organisation de défense des droits humains recommande de saisir l'occasion qui se présente et de définir tout rapport sexuel non consenti comme un viol.


10 mai 2021

Actualité internationale
 

Danemark: La loi change pour reconnaître qu’un rapport sexuel sans consentement est un viol

Victoire historique pour les femmes: le Parlement danois a adopté le 17 décembre 2020 un projet de loi qui, une fois promulgué, reconnaîtra enfin qu’un rapport sexuel sans consentement est un viol.


18 décembre 2020

Arguments

En 2019, la police a enregistré 679 infractions de viol et 626 infractions de contrainte sexuelle. Or, ces chiffres ne représentent qu’une petite partie des violences sexuelles réellement subies en Suisse. La publication fin mai 2019 d’une enquête de gfs.bern a montré l’ampleur des violences sexuelles faites aux femmes en Suisse: selon cette enquête, plus d'une femme sur deux a subi des attouchements, des baisers et des étreintes non souhaités après l'âge de 16 ans. 22% des femmes ont déjà subi des actes sexuels non désirés à partir de l’âge de 16 ans et 12% ont déjà eu un rapport sexuel contre leur gré. Seulement 10% des femmes qui ont subi des actes sexuels contre leur gré, ont signalé l’incident à la police et seulement  8% ont finalement porté plainte. Les principales raisons pour lesquelles les femmes ne sont pas allées voir la police étaient la honte (64%), le sentiment qu'elles n’avaient aucune chance d’obtenir justice (62%) et la peur qu'on ne les croie pas (58%). Ces chiffres montrent que les actes sexuels non consentis sont très répandus dans notre pays et qu’ils restent complètement impunis dans la majorité des cas.

Les avocat∙e∙s de victimes et les centres d’aide aux victimes évoquent régulièrement les difficultés que rencontrent actuellement les personnes concernées lorsqu’elles saisissent la justice. Souvent, ils doivent expliquer aux personnes concernées qu’une plainte n’a pas de chance d’aboutir parce qu’il n’y a pas eu suffisamment de pression psychique, de violence ou de menace et que, par conséquent, le cas ne correspond pas à la définition actuelle du viol ou de la contrainte sexuelle du Code pénal. Actuellement, au cours des interrogatoires et dans la salle d’audience, l’accent est mis sur la question de savoir si la personne accusée a eu recours à un moyen de contrainte. Si la personne a agi sans le consentement de la victime ou ignoré un «non» explicite de sa part, mais n’a pas utilisé de moyen de contrainte comme la violence ou la menace, l’infraction ne peut pas être punie comme un viol ou une contrainte sexuelle. Trop peu d’importance est accordée à la question de savoir s’il y a eu un consentement mutuel pour les actes sexuels.
 

Aujourd’hui, l’infraction pénale du viol est fondée sur un délit sexuel stéréotypique, qui ne correspond en rien aux agressions sexuelles dans la réalité. Ce délit stéréotypique part de l’idée que l’agresseur est une personne inconnue qui attaque violemment la victime et laisse des traces. La victime stéréotypique se défend, a des traces de blessures et porte immédiatement plainte. La réalité est pourtant différente: dans la plupart des cas, l’agresseur est connu de la victime et une relation de confiance les lie. Ainsi, la plupart des agressions surviennent dans des moments en premier lieu paisibles. De plus, une réaction naturelle des femmes concernées est un état de choc ou une paralysie que l’on appelle freezing. Ce n’est que dans de très rares cas qu’elles résistent physiquement. Le droit en vigueur qui présuppose un moyen de contrainte, ne rend pas justice à la grande majorité des agressions. La plupart des agresseurs n’ont pas besoin de recourir à la force, car ils profitent de l’état de stress ou de choc de la victime et de leur relation de confiance.

La législation actuelle va à l’encontre des normes internationales relatives aux droits humains qui engagent également la Suisse. La Cour européenne des droits de l’homme a déjà précisé en 2003 que les Etats membres sont tenus de sanctionner tous les actes sexuels non consentis, que la victime ait opposé résistance ou non. Selon la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul), un viol ou tout acte sexuel avec une autre personne sans consentement mutuel doit être considéré comme une infraction pénale (article 36). Le groupe d’expert·e·s GREVIO, qui est chargé de veiller à la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul par les États parties, a déjà évalué les infractions pénales du viol dans plusieurs pays et critiqué à plusieurs reprises les définitions qui se basent sur la contrainte et non sur l’absence de consentement (cf. par exemple le rapport sur la Finlande).

Suite à la ratification de la Convention d’Istanbul et à la lumière des rapports choquants sur l’ampleur des violences sexuelles à l’égard des femmes, plusieurs pays européens ont annoncé qu’ils désiraient reformuler la définition du viol dans le droit pénal. A ce jour, neuf pays européens criminalisent déjà le viol par défaut de consentement (Belgique, Allemagne, Grèce, Islande, Irlande, Luxembourg, Suède, Royaume-Uni et Chypre). Le gouvernement espagnol a présenté début mars un projet de loi contenant une proposition de réforme similaire de la définition du viol. Au Danemark, aux Pays-Bas et en Finlande, des réformes allant dans ce sens sont en cours de discussion. Dans ce domaine du droit pénal, un vent nouveau souffle donc en Europe. Il est temps qu’il souffle aussi en Suisse!

La réforme demandée n’entraînera pas une inversion du fardeau de la preuve. La présomption d’innocence ne sera pas remise en cause. Il incombera toujours au Ministère public de prouver que la personne accusée a agi sans le consentement de la victime. Et le principe selon lequel chaque personne est considérée innocente jusqu’à ce que l’État puisse prouver sa culpabilité, restera inchangé. Si des doutes subsistent quant au déroulement des événements, l’accusé∙e sera acquitté∙e. La réforme vise uniquement à ce qu’une peine appropriée soit prononcée dans les cas où le tribunal considère qu’il est prouvé que l’accusé∙e a agi contre la volonté de la victime. Ce n’est pas toujours le cas à l’heure actuelle.


La loi doit établir que l’injustice fondamentale d’une agression sexuelle ne réside pas dans la contrainte ou la violence, mais dans le non-respect de l’autodétermination sexuelle. Ce serait un signal important non seulement pour les victimes, mais aussi pour les auteur·e·s d’agressions sexuelles potentiel·le·s: les violences sexuelles ne sont pas tolérées en Suisse!

À l’heure actuelle, lors de délits sexuels, les témoignages des victimes constituent souvent le moyen de preuve principal et parfois même unique. L’usage de la violence ne laisse pas toujours des traces évidentes, les menaces encore moins, et pourtant nous croyons les autorités de poursuite pénale capables d’élucider de telles infractions et de les poursuivre. L’absence de consentement peut également être prouvée. L’interrogation se déroule alors d’une autre manière: la question centrale n’est plus de déterminer le degré de violence ou de pression psychique utilisé, mais si et comment le consentement verbal ou non verbal a été communiqué ou était visible. Juger la crédibilité des déclarations fait partie du quotidien des autorités de poursuite pénale. Elles disposent de méthodes établies pour mener à bien cette tâche et utilisent entre autres les connaissances et les méthodes de la psychologie des déclarations. Dans des cas particulièrement difficiles, il est également possible de recourir à des spécialistes. Et s’il n’est pas possible d’établir clairement ce qui s’est exactement passé, le principe «in dubio pro reo» s’applique toujours. Cela signifie que l’établissement des preuves, qui est difficile, ne se fera pas au détriment de la personne accusée.

Les expériences faites dans d’autres pays montrent qu’une réforme du droit pénal sexuel a des effets sur le nombre de plaintes pénales. Mais ce qui changerait avant tout, c’est la manière dont les autorités de poursuite pénale aborderaient les cas de violences sexuelles. Si l’absence de consentement est un point capital, l’attention doit être focalisée davantage sur qui a dit quoi, et pourquoi et par quel moyen l’agresseur devait savoir que la victime n’était pas consentante. En bref: la communication entre les agresseurs et les victimes et la question du consentement seraient, après la réforme, davantage au premier plan que les questions – souvent ressenties comme très culpabilisantes par les victimes – visant à savoir à quel point la victime a concrètement opposé résistance ou quelles possibilités de fuir ou de résister auraient été encore envisageables. En outre, on tiendrait mieux compte du fait que bon nombre de personnes concernées tombent malgré elles dans un état de choc et ne peuvent ni se défendre ni fuir.
 

Bien sûr, une telle réforme ne permettra pas d’éliminer, lors de délits sexuels, les difficultés liées à l’établissement des preuves. Mais une modification de la loi créerait, dans certains cas, au moins la possibilité que l’agresseur puisse être condamné pour un crime. Ce point ne doit pas être sous-estimé, même si une condamnation ne peut pas être prononcée dans chaque cas et qu’un acquittement doit être prononcé. Car un acquittement est aussi toujours un message pour la victime. Et c’est un tout autre message pour la victime si l’acquittement est justifié, comme c’est parfois le cas aujourd’hui, par le fait que le comportement incriminé n’est même pas considéré par la loi comme une injustice grave ou si la justification est qu’en l’absence de preuves claires, on doit décider dans un État de droit en faveur de la personne accusée.
 

Un objectif d’une réforme de la loi est aussi, et peut-être même en premier lieu, de refléter clairement que la société ne tolère pas certains types de comportement.